A l’approche de la « Cop21 » à Paris en décembre de cette année, mais ce n’est peut-être qu’un hasard du calendrier ou une convergence d’intérêt pour notre monde, le pape François écrit une lettre encyclique sur l’écologie… Tendance, pourrions-nous dire. Mais si ce terme est politiquement juste, il est faux en ce qui concerne l’intérêt de l’Église sur l’écologie, ou, disons, le « vivre ensemble » non seulement sur, mais avec notre planète Terre, riche en couleurs, parfums, formes, surprises visuelles et sonores, objet d’émerveillement pour tant d’êtres humains au cours des millénaires, émerveillement exprimé en vers, en peinture, en musique, en prose, en récits imagés, sans oublier la beauté de l’homme dans les statues antiques ou modernes qu’elles soient reflets de sa misère, de sa marche infinie, ou de son bonheur dans son corps et ses actions. En effet, le pape François souligne avec pertinence et force la démarche de ses prédécesseurs pour comprendre cette vue totale de l’homme en alliance avec sa planète : il cite Léon XIII, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Benoît XVI qui tous on écrit sur le sujet. Il fait aussi fréquemment référence aux conférences épiscopales tenues autour du monde au cours du demi-siècle dernier, ainsi qu’à d’autres chrétiens d’autres confessions comme Paul Ricoeur, des théologiens comme Romano Guardini, des philosophes/ théologiens comme Teilhard de Chardin, et d’autres encore. Ce qu’il souligne là, en-dehors de son honnêteté de savant, c’est que l’intérêt de l’Église chrétienne pour l’harmonie du monde (nature et homme) est, en quelque sorte, une vieille histoire, du moins une histoire qui se continue dans le but de garder intact l’amour des êtres humains pour leur environnement afin qu’ils y bâtissent la paix, leur paix. La lettre encyclique Laudato si’ de François représente donc une synthèse dynamique de la position de l’Église : des siècles passés à notre aujourd’hui, un temps où tout s’est férocement accéléré dans les 100 dernières années dans les sciences et techniques, mais aussi dans notre compréhension de notre environnement qui est devenu un outil de bien-être, presque hédonistique, cependant nous sommes -nous les êtres humains – ensemble avec tout notre environnement : les oiseaux du ciel, l’eau des mers et des sources, les plantes petites et grandes, les animaux rampants, courants, grimpants, sauteurs – nous sommes tous habitants de la maison commune, la planète Terre. A nous de garder cette maison commune en bon état, de la garder accueillante, hospitalière en nouveautés positives, harmonieuse dans son développement matériel et affectif. A nous de laisser la lumière entrer par tous ses côtés et les interstices de son toit : qu’elle ne soit plus une serre mais un abri illuminé par un souffle. Et la Bible nous conforte dans ce projet en nous rappelant l’origine de la Création, du Désir de Dieu.
Évangile de la Création
Dans ce deuxième chapitre de l’encyclique, le pape François se concentre sur la relation de l’homme avec la planète riche de ses paysages et de toutes les créatures qui la peuplent.
Au commencement, il y a eu l’amour de Dieu qui a d’abord créé cet environnement multicolore et potentiellement généreux, un environnement offert comme des mains qui s’ouvrent pour accueillir. Ensuite, il a créé l’homme par amour à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme ne surgit pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde [65]. Cet être humain créé dans l’amour et dans un environnement harmonieux et éblouissant de richesses offertes n’est pas un objet inerte, mais a bien une dignité toute particulière et inaliénable, une dignité infinie: l’être humain, à la ressemblance de Dieu, est capable de se connaître, de se donner et d’accueillir, de se respecter et de respecter, de s’aimer pour aimer. François souligne donc que les [Auteur in1] récits de la Bible suggèrent que l’existence humaine repose sur trois relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec la terre.[66]. Ce sont ces trois aspects de la relation qui sont analysés au cours de l’encyclique.
Relation avec l’environnement : l’homme n’est pas créé pour dominer son environnement en maître absolu et goulu, ne voyant que ses besoins et surtout ses désirs. Il doit au contraire entretenir cet environnement pour pouvoir en partager les dons avec son prochain et permettre au monde de créatures diverses donné par Dieu de conserver son potentiel de beauté et d’aide à l’homme pour que celui-ci grandisse individuellement et socialement, non seulement le temps d’une vie humaine mais en prévision de la vie des générations futures. François utilise des mots forts et très concrets :[Auteur in2] préserver, protéger, soigner, sauvegarder. Ces termes, apparemment presque synonymes, impliquent une prise de conscience responsable de la part de l’homme. Le monde offert par Dieu à l’homme est fertile, c’est-à-dire prêt à un don apparemment sans fin, mais encore faut-il que chaque communauté sache discerner leurs nuances afin de conserver, ou développer avec intelligence et amour ces dons pour que les enfants, nos enfants, nos suivants puissent non seulement en bénéficier, mais aussi leur permettre de se renouveler pour les générations suivantes, jusqu’à la fin des temps. Le discernement consiste à accepter le rôle indéniable de chacun des dons environnementaux donnés à la Création : « préserver » ce qui ne doit absolument pas être détruit comme les étendues d’eau, « protéger » par une exploitation raisonnée des sols et des eaux, « soigner » consciemment en fonction de la nécessité afin que le don qui nous est fait ne disparaisse pas, « sauvegarder » les parties de ce don que nous savons indispensables à la survie de tous (faune, flore, humanité). Pour que ceci se concrétise, il faut que chaque être humain prenne conscience que sa liberté non seulement implique un devoir vis-à-vis de son environnement, mais aussi implique l’amour, un amour à l’image de celui du Créateur. Ou tendant vers cette image. Cependant, ce cheminement serait impossible si l’être humain était exclusivement tourné vers l’extérieur car lui-même arriverait à cet assèchement que l’on peut voir dans la progression des déserts. Par conséquent, cette relation de réciprocité absolument indispensable avec l’environnement -donc avec son prochain- ne peut porter des fruits réels qui si chaque être humain cultive aussi -au sens de l’enrichir- son être intérieur.
Enrichir son être intérieur… le tapisser, le meubler, le faire respirer, le nourrir, l’éblouir d’amour, ce qui veut dire souhaiter que chacun de nous vive en toute justice : [Auteur in3] partager les fruits de la terre, spécialement avec les plus démunis. Nous voyons dans cette attitude de justice qu’il nous faut avoir confiance : donner une partie de son bien ne veut pas dire que nous manquerons de l’essentiel mais simplement que nous partageons ce qui nous a été donné par Dieu : la chance d’un environnement prêt à pourvoir à nos besoins. Mais cette prise de conscience suppose que nous savons, profondément, que le privilège de notre place dans le monde nous a été donné par Dieu qui a créé tous les éléments de notre survie sur cette planète : notre amour pour Dieu doit donc se révéler dans une attitude modeste : nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous ne pouvons pas imposer à la réalité qui nous entoure nos propres lois et intérêts. Dans cette maison commune nous ne sommes pas les maîtres absolus agissant selon notre bon plaisir. Alors, qu’est-ce qui nous a amenés à le croire, au fil des siècles ? Sans doute le péché originel qui nous a obligés à travailler à notre survie, chassés de l’harmonie du monde créé avec amour par Dieu, monde d’amour qui comprend le soleil et les étoiles [Dante Alighieri, Paradis, Chant 23, 145]. Mais c’est un monde fragile qui nous a été [Auteur in4] confié, et qui n’échappe pas à la transcendance de Dieu dans laquelle il se développe.
Si notre intelligence et notre foi nous libèrent, la première peut engendrer les bonnes comme les mauvaises décisions en ce qui concerne tous les habitants de cette maison commune : les êtres humains, comme la nature. Ceci motive [Auteur in5] l’action de l’Église, avec l’aide de Dieu qui veut toujours tirer quelque chose de bon du mal que nous commettons. Mais Dieu ne nous prend pas en charge, et ce de façon délibérée, en nous laissant un monde qui a besoin de se développer, en dépit de ce qui est mauvais, cruel, apparemment douloureusement injustifié et injuste : nous faisons et devrions faire ainsi l’expérience d’une croissance (enfantement) dans une souffrance qui devrait nous stimuler à collaborer avec le Créateur, avec l’aide de Son Esprit. De tout mal peut naître un bien -le génocide de la Seconde guerre mondiale le prouve – du sein de toute chose surgit une [Auteur in6] nouveauté.
Puisque le péché originel a obligé l’homme à travailler pour sa survie et son développement personnel et social, son intelligence lui a permis de transformer cette nécessité en voie de connaissance d’une part, et en montée vers le Seigneur, d’autre part, notre petite montée quotidienne du Carmel, en somme.
En voie de connaissances… Le pape François analyse, dans l’encyclique, l’état des lieux des sciences technologiques, politiques et économiques, et souligne la racine humaine de la crise écologique dans le troisième chapitre. En effet, si la technologie a permis à l’humanité non seulement de survivre mais aussi de progresser en santé, sécurité, et socialement, elle a fait de tels progrès depuis le 18ème siècle que nous semblons être d’une part, trop confiants en ses réponses à nos questions, mais aussi, d’autre part, en voie d’être, peut-être, dominés par elle. Dans le terme « technologie » il faut aussi entendre « science » car les deux sont très étroitement liés. Sciences et technologie ont donné à l’homme les armes pour guérir le corps et parfois l’esprit et pour nous libérer, petit à petit et dans une certaine mesure, de certains conditionnements matériels comme le souligne Benoît XVI dans Caritas in veritate (juin 2009). Le pape François élargit, en quelque sorte, le champ du potentiel des sciences en soulignant la beauté produite par les recherches et découvertes [Auteur in7] technologiques. Mais ces découvertes extraordinaires, comme l’énergie nucléaire, la biotechnologie, l’informatique, l’ADN nous donnent aussi un terrible pouvoir : un pouvoir économique qui enfle sur l’ensemble de l’humanité, et sur le monde entier. Le risque est donc de voir les hommes utiliser ces pouvoirs à leur détriment en jouant les apprentis sorciers avec la nature et avec eux-mêmes. La crainte du pape est que ce pouvoir réside en une petite partie de l’humanité, ce qui, bien sûr, réduirait les autres hommes et la nature en objets limités à une utilisation pragmatique et utilitaire. Ils en perdraient ainsi non seulement leur liberté intrinsèque, mais aussi, et surtout, leur liberté d’enfant de Dieu, d’enfant de l’amour divin, en chemin vers la plénitude la contemplation ultime et infinie. Il nous est par conséquent obligatoire de ne pas croire naïvement que la technologie et l’économie ont toutes les solutions à nos problèmes. Cette arrogance est due au fait que la pédagogie a été limitée à un apprentissage pour fonctionner dans ces sciences et techniques, en négligeant les autres aspects de l’être humain tels que la responsabilité, les valeurs morales et la conscience. Ceci limite très étroitement notre liberté car elle est battue en brèche par les besoins immédiats, l’égoïsme, et la violence. [Auteur in8] Le pouvoir technologique et économique, dont chacun d’entre nous perd le contrôle, dominent nos sociétés. Cette tendance est très visible dans le développement de la mondialisation du schéma de la compréhension de l’environnement, un schéma homogène et unidimensionnel écrit le pape : c’est-à-dire que le sujet (l »homme), le chercheur, agit, et ce autour du monde, comme s’ il était possesseur de tout ce qui l’entoure à des fins d’expérimentation, utilisant par conséquent une technique de domination et de transformation au mépris de l’aide que peut lui apporter la nature en la respectant au sens de « compagne douée de divinité ». Un contraste saisissant avec le [Auteur in9] point de vue des siècles précédents. En effet, l’être humain et les choses ont cessé de se tendre la main. Cette espèce de folie de la connaissance scientifique conduit à nous faire croire que la planète -notre compagne intime dans la maison commune- a des ressources infinies, illimitées, et que cette connaissance scientifique toujours en devenir, et de plus en plus « loup solitaire », est la clé de la compréhension de la vie de tout un chacun et du fonctionnement des sociétés. Cette fascination devant la science technologique qui prend possession de tous les domaines : économique, politique, éthique, est en fait une espèce d’ogre qui est entré dans la maison commune et qui menace de dévorer [Auteur in10] l’homme et la nature, ses habitants… Le problème majeur de cet état de fait, ce n’est pas la validité des découvertes dans tous les domaines de la vie humaine, car elles sont les moteurs de notre progrès social et physique, mais c’est que ces théories et leur application n’aient pas été, et ne sont pas harmonieusement intégrées dans notre développement afin de sauvegarder de façon responsable notre environnement (qui est in fine la clé de notre survie en tant qu’humains) afin de protéger, favoriser, l’inclusion sociale. Plutôt que produire une surconsommation et un gaspillage honteux -surtout quand on pense aux plus pauvres d’entre nous qui n’ont pas accès à cette consommation – il faudrait que les institutions économiques et sociales mettent les ressources de base à la portée de tous. Cette situation tragique est due à l’absence de concertation sur l’orientation, sur les objectifs, le sens et le contexte social de la croissance technologique et économique. Ce vide de la connaissance est surtout lié à la fragmentation des savoirs qui masque la totalité au profit du parcellaire. Par conséquent, il devrait y avoir une interdisciplinarité des savoirs techniques, philosophiques et éthiques afin d’éviter la dégradation de l’environnement, [Auteur in11] notre dégradation. La culture écologique, dit le pape, ne peut donc pas se limiter à un développement scientifique. En fait, nous devons, et nous pouvons élargir notre regard, et la liberté humaine est capable de limiter la technique, de l’orienter, comme de la mettre au service d’un autre type de progrès, plus sain, plus humain, plus social, plus intégral. Quelles pourraient-être les alternatives selon François ?
- Création de communautés de petits producteurs avec des productions moins polluantes dans une atmosphère de cohabitation non consumériste ;
- Orientation des techniques vers la résolution de problèmes concrets ;
- Orientation vers les autres pour les aider à vivre avec plus de dignité et moins de souffrance :
- Une intention créatrice du beau qui se réalise dans la personne qui le contemple en dépassant le pouvoir qui ne crée que des objets (incluant nous-mêmes).
Ces quelques démarches nous redonneraient foi en un avenir heureux, qui n’est pas dans le tout-immédiat mais sur les chemins fondamentaux qui s’appuient sur la science tout en se traçant au-delà d’elle, pour retrouver la [Auteur in12] profondeur de la vie. Pour atteindre ce but, rendre à la science son statut d’outil, il faut, souligne le pape, une véritable révolution culturelle courageuse. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge de pierre mais de prendre le temps de voir et de comprendre la réalité d’une autre manière : utiliser les avancées positives pour récupérer les valeurs et grandes finalités qui ont été détruites pas une frénésie mégalomane.
Cette perte, ou éloignement, de ces valeurs et finalités est la conséquence du développement de l’anthropocentrisme moderne qui a donné à l’homme une vision de la nature extérieure à lui-même, comme un objet, un espace libre pour faire une œuvre qui sera éventuellement jetée quand elle sera périmée. Si ce lien avec l’environnement perd sa fonction d’entraide avec l’homme, celui-ci perd sa place et ne se comprend plus lui-même. Pour contrebalancer cet anthropocentrisme excessif et nuisible il nous faut changer de définition de ce que nous sommes : d’êtres maîtres et seigneurs de l’univers nous devons redevenir des administrateurs responsables. Nous sommes tous responsables. Nous ne pouvons pas, en effet, envisager une relation parcellaire, individuelle avec l’environnement : nous sommes tous liés les uns aux autres, parmi les hommes et avec et dans la nature. Pour que la maison soit vraiment une maison vivante, harmonieuse, il nous faut prendre conscience que nous sommes interdépendants et que l’ogre prêt à nous dévorer doit être, au contraire, une main apaisante pour nous tous, les hôtes de la maison commune. Pour arriver à cette fin, le pape propose plusieurs outils, le dialogue étant, sans aucun doute, le plus efficace.
Dans le cinquième chapitre, intitulé « Quelques lignes d’orientation et d’action » nous comprenons que le dialogue sur l’environnement a plusieurs niveaux touchant à la politique internationale, nationale, et locale. Le dialogue passe aussi par une prise de décision faite en toute transparence, il passe par la relation science et religion afin de comprendre et atteindre la plénitude humaine.
–Le dialogue doit adresser les données internationales car le monde entier est concerné, nous sommes dans un monde unique et embarqués dans un projet commun. Il nous faut donc cibler un consensus mondial touchant à [Auteur in13] plusieurs domaines. Les accords sont encore difficiles à obtenir, mais il faut espérer qu’en ce début du 21éme siècle [l’humanité] pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités.Notre espoir est fondé sur les différents sommets internationaux qui ont déjà eu lieu, bien qu’avec plus ou moins de succès, et sur les actions des différentes et nombreuses organisations de la société civile. Cependant, les mesures prises ne devraient pas l’être au préjudice des pauvres qui ont le plus besoin du développement. Nous, les croyants, devons veiller à ce que toutes les décisions soient éthiques, fondées sur la solidarité entre tous les peuples pour éradiquer la misère et travailler au développement social de leurs habitants.
–Le dialogue doit passer aussi par de nouvelles politiques nationales et locales. Pour cela il nous faut identifier diverses responsabilités dans tous les pays y compris les [hélène SU14] plus pauvres. Ces responsabilités s’appuient sur le droit, ou en sont issues, qui agit comme modérateur. Cependant il nous faut aussi considérer le cadre politique et institutionnel comme une structure encourageant les bonnes pratiques : la créativité doit être stimulée afin d’ouvrir de nouvelles initiatives personnelles et collectives. Au lieu d’une logique économique et politique à court terme il est nécessaire de développer des coopératives permettant l’autosuffisance locale et/ou la vente des excédents. Ces décisions au niveau local feront la différence quand l’ordre mondial se montre incapable de faire face à ses responsabilités. Cette attitude au niveau local, ou national, s’adresse à toute la population qui doit faire pression sur le politique et l’économique afin de développer des normes, des procédures et des contrôles rigoureux. C’est ce contrôle par les citoyens qui protégera l’environnement. Bien sûr il n’y a pas de recette universelle car chaque pays, chaque groupe est différent par sa culture, son histoire et sa zone géographique, mais c’est de la responsabilité de chaque société de faire face à son avenir. Il est aussi bien entendu que cette démarche fondamentale et profonde nécessitera une période de transition afin que toute la population puisse participer et bénéficier du bien-être de ce nouvel art de vivre. Nous devons donc bien comprendre et accepter que le changement, petit ou grand, demande du temps pour être efficace car non seulement les mesures scientifiques, technologiques, politiques et sociales sont lentes à se mettre en place, mais les mentalités aussi sont longues à évoluer. Ce nouvel art de vivre ensemble ne peut par conséquent pas s’imaginer au rythme de chaque changement de gouvernement. Ceci implique une certaine mais obligatoire continuité dans les lignes principales de l’économie, du politique et du social, en dépit des coûts impliqués. Le plus important des valeurs que les hommes/femmes politiques retireront de cette attitude est une reconnaissance de la dignité que Dieu leur a donnée en tant qu’être humain. On comprend que, par conséquent, comme le souligne le pape François, il nous faut retrouver, ou accepter, les grandes finalités que doit avoir [hélène SU15] toute société.
- Dialogue et transparence dans les processus de prise de décision. Il s’agit ici d’adresser l’impact sur l’environnement des initiatives et projets. Pour ceci il est absolument nécessaire qu’une étude sur cet l’impact potentiel soit faite avant la prise de décision. Pour ceci il faut que les équipes impliquées soient interdisciplinaires dans un cadre de communication honnête, indépendant de toute influence politique ou économique. Il est indispensable, à tous les niveaux, que la vérité et la sincérité soient les fondements de l’étude en cours, afin que les risques possibles soient examinés objectivement pour mettre au jour un choix alternatif possible. Ceci suppose que des questions-clés soient toujours posées dès le début du processus d’évaluation [hélène SU16] du projet. Cet agenda n’implique pas, comme l’écrit le pape, qu’il faille s’opposer à toute innovation technologique qui permette d’améliorer la qualité de vie d’une population, mais ce qui est souligné ici c’est que toute la population, de facto ou par ses représentants, doit pouvoir évaluer le projet à l’étude en abandonnant l’unique critère de la rentabilité. Ce changement dans le dialogue entre preneurs de décisions et société est rendu possible de nos jours par les nouveaux réseaux de communication ultra rapides et développés.
– Dialogue entre politique et économie. François souligne que l’un ne doit pas être soumis à l’autre mais que l’un et l’autre doivent se mettre au service de la vie humaine afin que chacun bénéficie de la diversité de production et de son amélioration dans le cadre d’un bon fonctionnement des entreprises qui pourraient ainsi créer de l’emploi. Cette diversification et amélioration des produits prend en compte le respect de l’environnement qui ne peut pas se réaliser dans une économie orientée uniquement vers l’accroissement des bénéfices. Il ne faut pas avoir peur du ralentissement éventuel de la production et de la consommation car l’un et l’autre peuvent amener d’autres formes de progrès et de [hélène SU17] développement. La créativité intelligente doit être non seulement maintenue mais favorisée car elle est capable de faire fleurir à nouveau la noblesse de l’être humain parce qu’il est plus digne d’utiliser l’intelligence, avec audace et responsabilité, pour trouver des formes de développement durable et équitable, dans le cadre d’une conception plus large de ce qu’est la qualité de la vie. [192]
– Dialogue entre religions et sciences. François commence par rappeler que les textes religieux peuvent eux aussi souligner des principes éthiques tout autant que les textes scientifiques :il est donc nécessaire de ne pas les écarter sous le prétexte que ce sont des textes utilisant un langage [hélène SU18] religieux. En effet, les sciences et les techniques ne peuvent apporter de solution pour un développement durable, ou une écologie intégrale, que si les objectifs des sociétés ne sont pas oubliés, tels que la cohabitation, la bonté, le sacrifice, afin que vivre ensemble dans notre maison commune soit non seulement possible mais aussi dynamique. Il est donc de notre responsabilité à nous, les croyants, d’être cohérents avec notre propre foi, et la vivre dans nos actes. Le pape nous incite tous à nous ouvrir de nouveau à la grâce de Dieu et de puiser au plus profond de [nos] propres convictions sur l’amour, la justice et la paix.[200] Si nous avons, et c’est le cas, négligé le trésor de sagesse qui nous a été confié, nous devons retourner aux sources, pour chaque religion, afin de mieux répondre aux nécessités actuelles. Comme la majorité des populations de la planète se déclare croyante, un dialogue entre religions devrait aller de soi pour sauvegarder la nature, et défendre les pauvres dans un réseau de fraternité. Ainsi qu’il a été dit dans les pages précédentes, ceci suppose aussi un dialogue productif entre les sciences elles-mêmes afin que chacune sorte de ses limites, et un dialogue productif entre science et religion. Il est en effet aujourd’hui capital de penser au bien commun pour que la maison commune génère constamment une lumière de confiance sur chacun des habitants, nature y [hélène SU19] comprise.
Mais comment vivre cette écologie intégrale que souhaite le pape François ? Il nous donne quelques pistes dans le dernier chapitre de l’encyclique, bien que le terme « piste » puisse être aussi faible que facultatif. En fait, il insiste sur un changement de style de vie appuyé sur les sacrements que nous vivons au sein de notre Église. Voyons ces différents points, tous essentiels :
- Miser sur un autre style de vie. La consommation est une fausse liberté car elle nous illusionne, et surtout ne développe pas notre vie intérieure qui seule est capable de nous permettre de refuser une consommation inutile. La consommation excessive, symbole d’un vacuum sans fond en nous, est liée aux besoins d’objets en une spirale vicieuse. D’autre part, « consommer au-delà de nos besoins » nous donne l’illusion de ne plus avoir de limites à nos choix. Si il n’y a plus de limites, il n’y a plus de bien commun car nos choix deviennent personnels, et les murs de la maison commune explosent vers l’anéantissement. Cependant, tout système économique, politique ou social a une ouverture, une faille, une capacité qui tend vers le bien. Dieu nous encourage toujours vers le bien, vers la prise de conscience de notre dignité, dignité dans laquelle réside notre vraie liberté faite d’amour et de [hélène SU20] fraternité. Ce vécu de notre dignité peut influencer efficacement le pouvoir politique, économique et social. En effet, nous avons une responsabilité morale très forte dans notre consommation, comme l’a souligné Benoît XVI dans sa lettre encyclique Caritas in veritate. Cependant, penser autrement notre consommation est un défi, d’autant plus que nos sociétés sont différentes par leurs objectifs, leur culture et leur structure politico – économique. Il nous faut par conséquent développer une conscience universelle, un beau défi nous dit le pape François, mais un défi encore et toujours possible si nous retrouvons notre cheminement vers notre vie [hélène SU21] intérieure.
- Éducation pour l’alliance entre l’humanité et l’environnement. Il nous faut donc prendre de nouvelles habitudes. Notre prise de conscience de la situation grave dans laquelle nous nous trouvons nous suggère fortement que notre devoir est d’éduquer les jeunes afin que leur monde change vers le beau et le bien. Bien sûr il existe déjà une éducation environnementale qui tend à s’étendre aux différents niveaux de l’équilibre écologique. Ces niveaux sont : interne, solidaire, naturel et spirituel avec Dieu. Du moins l’éducation environnementale devrait-elle nous disposer à accepter ce Mystère qui permettrait à l’éthique écologique d’acquérir son sens le plus profond. Cette éducation écologique doit être fondée sur la compassion qui seule favorise le développement de la solidarité, la responsabilité, et la protection. Ce sont seulement ces vertus, et d’autres comme la volonté et le courage, qui permettent un véritable engagement écologique. Cette éducation aura des conséquences importantes sur l’environnement car elle nous fera réfléchir aux conséquences de nos actes, même les plus apparemment quotidiens comme cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger [211]. Ces décisions, souvent simples à prendre, ne peuvent que révéler le [hélène SU22] meilleur de nous-mêmes. Mais pour que cette éducation réussisse, il nous faut prendre conscience que l’école et le monde extérieur en général ne sont pas les seuls outils pédagogiques. En fait, le lieu le plus efficace de l’éducation est la famille. C’est le lieu de formation intégrale, où se déroulent les différents aspects, intimement reliés entre eux, de la maturation personnelle. Au sein de la famille, la vie est perçue comme un don de Dieu, ce qui souligne le rôle important de l’Église dans la sensibilisation de la population par l’intermédiaire, entre autre, de toutes les communautés chrétiennes au sein desquelles il nous est possible de nous contrôler et de nous éduquer les uns les autres. Il nous faut aller au-delà des actes concrets et modifier notre schéma de pensée afin de voir clairement ce que sont l’être humain, la vie, et notre relation avec la nature.
- La conversion écologique. François souligne ici le rôle essentiel de notre foi fondée sur l’Évangile. Il n’est pas vraiment question d’idées, mais surtout de ces motivations qui naissent de notre vie spirituelle pour agir avec intelligence et raison vers la beauté et le bien-être. Les doctrines sont [hélène SU23] inefficaces. Par conséquent, la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure… afin de faire jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure. [217] Cette conversion intérieure apportera au chrétien Joie et Paix car le fait d’être présent à chaque réalité, si minuscule soit-elle, nous aide à nous comprendre personnellement. Jouir avec peu, dans une espèce de sobriété morale par les choix raisonnés que nous pouvons faire est libérateur car picorer en cherchant toujours ce que nous n’avons pas nous mène à l’insatisfaction permanente et donc à une consommation destructrice de [hélène SU24] nous-mêmes. Être pleinement présent à chaque être humain et à tout ce qui nous entoure. Cette attitude favorisera l’amour pour la société et un engagement pour le bien commun. Aucun petit geste est à mépriser comme nous l’a montré la Petite Thérèse. Tout est charité dans nos relations avec les individus et avec la société. Mais nous devons tous avoir conscience que cette société, toutes les sociétés, ont une culture et une identité commune pour chacun de ses membres, et une histoire à conserver et à transmettre, afin de préserver une qualité de vie solidaire qui protégera les plus pauvres, sous le toit de cette maison commune que Dieu nous a prêtée.
- Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer. Le propos de cette dernière partie de la lettre encyclique est de souligner fortement que les sacrements nous aident à découvrir que Dieu est non seulement dans l’âme mais aussi en toute chose, et ce de [hélène SU25] façon égale. Alors comment accéder à cette union avec Dieu par le respect de la nature sinon par les Sacrements car ils nous permettent de comprendre la nature comme un médiateur de la vie surnaturelle, de la main qui bénit à l’Eucharistie, au repos et à la confiance dans la Trinité.
- L’Eucharistie. C’est dans l’Eucharistie que la création trouve sa plus grande élévation nous dit le pape car en elle la plénitude est déjà [hélène SU26] réalisée. Il ajoute que l’Eucharistie est l’union du ciel et de la terre, donc source de lumière et de motivations pour nos préoccupations concernant l’environnement.
- Le repos dominical. La participation à l’Eucharistie ce jour-là a une importance spéciale car il annonce le repos éternel de l’homme en Dieu, ce qui suppose une intégration de la valeur du loisir et de la fête. Ceci est bien loin de l’improductif ou de l’inutile, mais suscite plutôt une autre manière d’agir réceptive et gratuite. Le repos permet une ouverture vers les autres grâce à une disponibilité nouvelle.
- La Trinité et la relation entre les créatures. Le Père est l’ultime source de tout, fondement aimant et communicatif de tout ce qui existe ; le Fils… s’est uni à cette terre quand il a été formé dans le sein de Marie ; l’Esprit, lien infini d’amour, est intimement présent au cœur de l’univers en l’animant et en suscitant de nouveaux chemins.[238] Cette communion trinitaire incite tous les chrétiens à penser que toute réalité contient une marque trinitaire, ce qui est une clé pour lire la réalité. En effet, le monde est un tissu de relations. Le fait que les créatures tendent vers Dieu nous permet de comprendre – ou de percevoir- les innombrables et constantes relations s’entrelaçant secrètement. Ces relations, et leur compréhension, permettent à l’être humain de se sanctifier en sortant de lui-même pour vivre en communion avec Dieu, avec les autres et avec toutes les [hélène SU27] créatures.
- La Reine de toute la création. Marie a élevé Jésus son Enfant, a souffert dans son inquiétude de mère lorsqu’il était en chemin vers sa Passion, et a souffert à sa mort sur la croix. Ceci souligne sa compassion à la souffrance des pauvres crucifiés et des créatures de ce monde saccagées par le pouvoir humain. … Son corps glorifié, avec le Christ ressuscité, une partie de la création a atteint la plénitude.[241] Elle ne peut que nous aider à observer ce monde qui est le nôtre avec un regard clair, un regard d’amour, un regard protecteur et fondateur.
- Au-delà du soleil. Au-delà du soleil, nous dit le pape François, il y aura la beauté infinie de Dieu et le déploiement admirable du mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Toute chose sera en sa place, dans la lumière, dans la libération joyeuse et éternelle des pauvres, et de tous. La maison commune participera à la fête céleste, et pour cela [hélène SU28] « Marchons en chantant » car Dieu ne nous laisse pas seul. Il est uni à notre terre, il est uni à nous dans son amour qui nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. Laudato si’ mi Signor…
[Auteur in1]Les récits de la bible suggèrent que l’existence humaine repose sur 3 relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec la terre. [66]
[Auteur in2]„Préserver, protéger, soigner, sauvegarder.“
[Auteur in3]„ Tu ne glaneras pas ta moisson, tu ne grappilleras pas ta vigne et tu ne ramasseras pas les fruits tombés dans ton verger. Tu les abandonneras au pauvre et à l’étranger.“ (Lv 19, 9-10)
[Auteur in4]„ Un monde qui interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir“ (78)
[Auteur in5]„Voilà pourquoi l’action de l’ Eglise ne tente pas seulement de rappeler le devoir de prendre soin de la nature, mais en même temps „elle doit surtout protéger l’homme de sa propre destruction“ (Caritate in veritate, 2009) [79]
[Auteur in6]„La nature n’est rien d’autre que la connaissance d’un certain art, concrètement l’art divin inscrit dans les choses, et par lequel les choses elles-mêmes se meuvent vers une fin déterminée.“ (Aristote) [80]
[Auteur in7]„… dans la recherche de la beauté de la part de celui qui produit la technique, et en celui qui contemple cette beauté, se réalise un saut vers une certaine plénitude proprement humaine.“ [103]
[Auteur in8]„… l’homme est nu,exposé à son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les éléments pour le contrôler.“ [105]
[Auteur in9]„L »intervention humaine sur la nature s’est toujours vérifiée, mais longtemps elle a eu comme caractéristique d’accompagner, de se plier aux possibilités qu’offrent les choses elles-mêmes“. [106]
[Auteur in10]„… l’homme qui possède la technique ‘sait que, en dernière analyse, ce qui est en jeu dans la technique, ce n’est ni l’utilitarisme, ni le bien-être, mais la domination : une domination au sens le plus extrême de ce terme’ (Guardini, La fin des temps modernes)“ [108]
[Auteur in11]„ la vie est en train d’être abandonnée aux circonstances conditionnées par la technique, comprise comme le principal moyen d »interpréter l’existence. Dans la réalité concrète qui nous interpelle, divers symptômes apparaissent qui montrent cette erreur comme la dégradation de l’environnement, l’angoisse, la perte du sens de la vie et de la cohabitation.“ [110]
[Auteur in12]„ Ne nous résignons pas à cela, et ne renonçons pas à nous interroger sur les fins et sur le sens de toute chose.“ [113]
[Auteur in13]„ un consensus qui conduirait, par exemple, à programmer une agriculture durable et diversifiée, à développer des formes d’énergies renouvelables et peu polluantes, à promouvoir un meilleur rendement énergétique, une gestion plus adéquate des ressources forestières et marines, à assurer l’accès à l’eau potable pour tous.“ [164]
[hélène SU14]„… planifier, coordonner, veiller, et sanctionner sont des fonctions impératives de chaque État. [177]
[hélène SU15]„les meilleurs mécanismes finissent par succomber quand manquent les grandes finalité, les valeurs, une compréhension humaniste et riche de sens qui donnent à chaque société une orientation noble et généreuse. [181]
[hélène SU16]„Pour quoi ? Par quoi ? Où ? Quand ? De quelle manière ? Pour qui ? Quels sont les risques ? A quel coût ? Qui paiera les coûts et comment le fera-t-il ?“ [185]
[hélène SU17]„Il s’agit d’ouvrir le chemin à différentes opportunités qui n’impliquent pas d’arrêter la créativité de l’homme et son rêve de progrès, mais d’orienter cette énergie vers des voies nouvelles.“ [191]
[hélène SU18]„Les principes éthiques que la raison est capable de percevoir peuvent réapparaître toujours de manière différente et être exprimés dans des langages divers, y compris religieux.“ [199]
[hélène SU19]„La gravité de la crise écologique exige que tous nous pensions au bien commun et avancions sur un chemin de dialogue qui demande patience, ascèse et générosité, nous souvenant toujours que la réalité est supérieure à l’idée.“ [201]
[hélène SU20]„Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever.“ [205]
[hélène SU21]„L’attitude fondamentale de se transcender… est la racine qui permet toute attention aux autres et à l’environnement, et qui fait naître la réaction morale de prendre en compte l’impact que chaque action et chaque décision personnelle provoquent hors de soi-même.“ [208]
[hélène SU22]„Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater, parce qu’elles suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible.“[212]
[hélène SU23]„… une mystique qui nous anime, „sans les mobiles intérieurs qui poussent, motivent, encouragent et donnent sens à l’action personnelle et communautaire““ [216]
[hélène SU24]„Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie.“[223]
[hélène SU25]„La contemplation est d’autant plus éminente que l’homme sent en lui-même l’effet de la grâce divine et qu’il sait trouver Dieu dans les créatures extérieures.“ St Bonaventure, [223]
[hélène SU26]„… c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu.“ [236]
[hélène SU27]„Tout est lié, et cela nous invite à mûrir une spiritualité de la solidarité globale qui jaillit du mystère de la Trinité.“ [240]
[hélène SU28]„Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance.“ [244]